La taille d'une pierre

pierres taillées

La taille est l'un des facteurs déterminants de la valeur d'une pierre précieuse. Une taille précise révèle la couleur, maîtrise les inclusions et maximise le jeu de la lumière à l'intérieur de la gemme.

Pourquoi la taille compte autant

Une pierre transparente agit comme un ensemble de miroirs internes : la lumière y entre, s'y réfléchit, et ressort par le dessus.

Les angles des facettes déterminent si cette lumière ressort par la table, produisant l'éclat, ou si elle s'échappe par le dessous, laissant la pierre terne au centre.

Une pierre de belle couleur mal taillée paraît éteinte ; une pierre de couleur moyenne parfaitement taillée peut être remarquable.

C'est la raison pour laquelle, dans les critères d'évaluation du diamant, poids, couleur, pureté, taille, , la taille est le seul entièrement dû à l'homme, et celui qui a le plus d'effet visuel.

Les techniques

Le facettage, qui consiste à polir des surfaces planes selon des angles calculés. C'est la technique employée pour les pierres transparentes.

Le cabochon, forme bombée et polie sans facettes, employée pour les pierres opaques ou translucides, et pour révéler certains effets optiques, astérisme de l'étoile, chatoyance de l'œil-de-chat.

La gravure et la sculpture, sur des pierres tendres ou de grande dimension.

Et le sciage préalable, opération décisive : c'est le clivage ou le sciage qui détermine ce que la pierre brute pourra donner, et une erreur y est irrattrapable.

Les formes

La taille brillant ronde, à cinquante-sept ou cinquante-huit facettes, est la plus répandue pour le diamant : ses proportions ont été calculées au début du vingtième siècle pour maximiser le retour de lumière.

Les tailles à degrés (émeraude, baguette, Asscher) présentent des facettes en escalier, qui produisent des reflets larges plutôt que des scintillements. Elles conviennent aux pierres de couleur profonde.

Les tailles mixtes (ovale, poire, marquise, coussin, princesse) combinent les deux principes.

Le choix dépend de la couleur, de la forme brute et de la présence d'inclusions : le lapidaire cherche à conserver le maximum de poids tout en plaçant les défauts là où ils seront le moins visibles.

Le métier de lapidaire

Il demande la maîtrise de la taille, du polissage et parfois de la sculpture, ainsi qu'une connaissance approfondie des variétés de gemmes, de leur dureté, de leur clivage et de leur comportement optique.

La dureté, mesurée sur l'échelle de Mohs, détermine les abrasifs employés : seul le diamant taille le diamant.

Le clivage, la tendance d'un cristal à se fendre selon des plans, impose des précautions : une topaze ou une kunzite mal orientée se brise pendant le travail.

Et la sensibilité à la chaleur écarte certaines techniques pour des pierres comme l'opale ou l'émeraude.

La transformation d'une pierre brute en gemme est ce qui crée l'essentiel de la valeur : le même matériau, non travaillé, n'a ni la beauté ni le prix du résultat.

Acheter en connaissance

Au-delà d'une certaine valeur, un certificat délivré par un laboratoire de gemmologie indépendant est indispensable. Il précise l'espèce, le poids, les dimensions, la couleur, la pureté, la qualité de taille, et surtout l'origine, naturelle, synthétique, ainsi que les traitements subis.

Ce dernier point est essentiel : la majorité des pierres de couleur du marché ont subi un traitement, le plus souvent thermique, ce qui est admis à condition d'être déclaré. Les traitements par remplissage de fractures ou par diffusion, eux, affectent fortement la valeur et la durabilité.

Les pierres synthétiques ont la même composition que les naturelles et une valeur très inférieure ; leur identification relève d'un laboratoire.

Enfin, la traçabilité de l'origine géographique et des conditions d'extraction fait l'objet de démarches de certification, notamment pour éviter les pierres issues de zones de conflit.

Plus de ressources